Finn A.J.

La femme à la fenêtre - A.J. Finn

 

 

La femme à la fenêtre

 







La femme à la fenêtre - A.J. Finn

4ème de couverture : Elle a tout vu, mais faut-il la croire ? Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bêtabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russell – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d’emménager en face. Un soir, Anna est témoin d’un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ?

L'avis de Montse :
J’ai commencé ce livre un peu hésitante car les éloges écrites sur la 4ème de couverture et émanant de 5 auteurs différents m’ont un peu fait peur. Allait-il être à la hauteur ?
Et bien, ma foi, oui !!

Nous allons donc faire la connaissance d’Anna qui, suite à un drame (drame qui va apporter du mystère supplémentaire à l’histoire), ne sort plus de chez elle depuis dix mois. On éprouve énormément d’empathie pour elle et on ne peut que compatir à sa situation. Oui mais voilà, elle n’a pas l’air d’y mettre beaucoup du sien non plus pour aller mieux, le mélange alcool et médicament n’ayant jamais fait bon ménage, ce qui fait que, du coup, elle nous agace un peu, forcément.

Pendant près de 200 pages, on en apprend plus sur Anna, sa vie d’avant, sa famille, son quotidien, ses passe-temps, sa passion pour les vieux films policiers en noir et blanc, etc...
L’auteur rend d’ailleurs un très bel hommage à ce cinéma et notamment aux films d’Hitchcock.

Et puis, le crime dont parle la 4ème de couverture arrive. Et, là, nous allons nous mettre à douter de tout et de tout le monde. Anna a-t-elle vraiment vu ce meurtre ou n’était-ce qu’une hallucination ?
On voit certaines révélations arriver quand d’autres nous surprennent complètement.

Et puis restent le suspense et la fluidité du récit qui ne nous laissent que peu de répit, les pages défilent à toute allure, on veut savoir, on ne voit pas passer le temps et on arrive à la fin des 521 pages (et oui quand même) le souffle coupé par toute l’aventure que l’on vient de vivre.

Avec La femme à la fenêtre, A.J. Finn signe un premier thriller efficace et particulièrement prenant.


L'avis de Delphine :
Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans la vie d'Anna pour qu'elle ne supporte plus l'idée de mettre ne serait-ce qu'un pied à l'extérieur de sa maison ?
Pourquoi son mari et sa fille l'ont-ils laissée vivre toute seule dans cette grande maison ?
Pourquoi passe-t-elle son temps à espionner ses voisins ?
Et, surtout, ce qu'elle a vu, était-ce réellement un meurtre ou simplement le fruit de son imagination ?

Si l'intrigue semble simple, A.J. Finn a su, tout en rendant hommage aux vieux films d'Hitchcock (on ne peut s'empêcher de penser à l'excellent Fenêtre sur cour), y ajouter sa patte et confiner le lecteur avec Anna.
Effectivement, elle passe une bonne partie de son temps à jouer aux échecs sur internet, mettre ses compétences de pédopsychiatre au service d'autres personnes atteintes comme elle d'agoraphobie et espionner ses voisins. Les journées peuvent nous sembler longues et nous aurions pu, très vite, tourner en rond, mais Anna est un personnage très attachant, malgré sa mauvaise habitude de sauter l'heure de la douche et son addiction au bon vin et, ça, dès le matin.
L'état mental de la jeune femme n'étant pas au mieux de sa forme, on va très rapidement se poser des questions, que s'est-il passé ? A-t-elle réellement vu quelque chose ? Ne lui a-t-on pas tendu un piège ? Et, si oui, pourquoi ? Et son colocataire, il a l'air louche aussi non ?

Voilà, on se retrouve à se poser des tonnes de questions, à se méfier de tout le monde, à se sentir oppresser par les murs de cette maison, l'odeur de ces pièces où les fenêtres n'ont pas été ouvertes depuis tellement longtemps, la pénombre qui règne en maître... Ajoutez à cela, l'état, toujours entre deux eaux, d'Anna et nous voilà plongés dans un huis clos parfaitement orchestré par l'auteur.
Certains rebondissements vont nous sembler évidents, d'autres, par contre, nous laisseront bouche bée tant nous étions loin de nous attendre à ce final…

La femme à la fenêtre est addictif et se dévore d'une traite, un roman noir et angoissant qui nous laisse présager ce qu'il y a de mieux quand on sait que c'est un premier roman pour A.J. Finn.


La femme à la fenêtre - Parution février 2018. Editions Presses de la cité
Traduction : Isabelle Maillet



 
Go to top