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La fabrique des salauds - Chris Kraus



La fabrique des salauds 





 

 

La fabrique des salauds - Chris Kraus

Résumé éditeur :
Une poignée de douleur et de chagrin suffit pour trahir, et une seule étoile scintillant dans la nuit pour qu’un peu de lumière brille par intermittence dans toute cette horreur.
Dans la lignée des Bienveillantes de Jonathan Littell ou de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, un roman hors normes, une fresque exubérante et tragique, pleine de passion, de sang et de larmes, qui retrace tout un pan du XXe siècle, de Riga à Tel Aviv en passant par Auschwitz et Paris.
À travers l’histoire de Koja, Hubert et Ev Solm, deux frères et leur sœur, sorte de ménage à trois électrique, Chris Kraus nous entraîne dans des zones d’ombre où morale et droiture sont violemment bafouées, et dresse en creux le portrait d’une Europe à l’agonie, soumise à de nouvelles règles du jeu.
Une œuvre impressionnante, magnum opus sur le déclin d’une époque et la naissance d’une nouvelle ère.


Qu’il est difficile de parler de ce roman tellement mes sentiments à son égard sont partagés.

D’un côté, on ne peut que souligner le travail titanesque de l’auteur pour écrire cette oeuvre. C’est tout un pan de l’histoire européenne du 20ème siècle qu’il nous retrace à travers ses personnages.
Le récit est très documenté, beaucoup trop à mon goût d’ailleurs, certains passages, notamment sur les services secrets des différents pays, sont longs et, du coup, leur lecture m’a parue fastidieuse.
Je dois avouer que j’ai d’ailleurs failli abandonner le roman à plusieurs reprises.

Mais le destin des personnages a pris le dessus sur le reste. Il fallait que je sache comment ils en étaient arrivés là. Et de ce côté, on est servi !
Le narrateur, Koja Solm, nous fait passer par toute une palette d’émotions, c’est à travers lui que nous allons découvrir toute cette histoire. Le titre du roman lui correspond à merveille et, pourtant, on ne peut s’empêcher de lui trouver certaines excuses et de s’attacher à lui d’une certaine manière, tout du moins au début. Mais, au fur et à mesure, que le récit avance, notre vision évolue. Ses choix sont discutables même s’ils sont parfois guidés par de « bons sentiments. » C’est dire toute l’ambivalence du personnage ! 

Chris Kraus a choisi de nous raconter l’histoire de cette fratrie à posteriori. C’est de son lit d’hôpital que Koja va raconter à son voisin de chambre, et donc au lecteur, son parcours.
Cette construction est d’ailleurs déstabilisante car je m’attendais à être plus dans l’action et, du coup, le rythme m’a paru lent, car peu de dialogues le temps de situer le contexte, le décor, les protagonistes, etc…
Déstabilisant également, mais pas désagréable, le ton employé par l’auteur, cynique, caustique avec des pointes d’humour même quand il nous raconte les pires atrocités.

Par ailleurs, nous n’avons que la vision de Koja quant aux différents évènements. Certes, il nous raconte les réactions de son frère Hub et de leur soeur adoptive Ev, mais à aucun moment, nous n’entrons réellement dans leur tête.
En même temps, étant donné que le roman compte déjà près de 900 pages, il aurait été beaucoup trop long. Mais, quoiqu’il en soit, j’aurais préféré avoir le point de vue du frère et de la soeur et moins de parties purement historiques.

C’est donc avec un sentiment mitigé que je ressors de ce roman, même si je dois saluer l’énorme travail de l’auteur.

La fabrique des salauds - Parution août 2019. Editions Belfond 
Traduction : Rose Labourie

 Du même auteur sur Plume Libre : Biographie, chronique, interview



 

 

 

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